Dimanche 14 juin
Il semblerait que ce soit le premier article, je ne me souviens plus si j'ai déjà utilisé ce blog...
Cela fait 6 ans à peu près que je suis séparée du père de ma fille, 6 années où j'ai cessé de lutter, d'espérer, de croire qu'il pouvait changer...
Avant-hier, j'ai effacé les photos de lui et moi... A chaque fois que je regardais une photo je me souvenais de larmes, de sensations de mal-être. Je me suis observée dans ces photos et je vois que je suis mal... Tout mon corps le dit ...
Depuis la naissance de ma fille, je voulais avoir un semblant de vie de famille... j'ai voulu des souvenirs plaisants pour elle, des sorties à la plage, des sorties à la rivière... il y a eu quelques sorties, où il s'est montré correct, mais combien d'autres, où il a été horrible... je ne me souviens pas de tout, mais il y a eu des choses moches...
La plus marquante c'est le jour où notre fille a mangé sa première glace, ce qui aurait du être un beau souvenir a viré au cauchemar en sa présence...
Cela aurait du être un beau souvenir, je m'en veux de ne pas avoir couper plus tôt avec lui...
Ce jour-là, elle était si mimi, toute contente ... j'aurais du rentrer chez moi avec elle, mais je n'ai pas pu, il y a avait ce sentiment d'injustice... il était horrible... et moi j'emmenais ma fille dans cette ambiance.
Les seuls regrets que j'ai concernant ma vie, ce sont ceux, où j'ai pas su nous protéger ma fille et moi... j'aurais du partir plus tôt.
Ils sont nombreux les pervers narcissiques, j'arrive à les démasquer très vite maintenant... ils exercent une sorte de fascination sur les gens, parfois on les déteste, mais le plus souvent on les admire. Ils sont drôles, bricoleurs, serviables au début et surtout en public...
Le père de ma fille vient de rencontrer une femme, elle a une trentaine d'années, l'âge que j'avais lorsque je l'ai rencontré.
Cette femme qu'il a rencontré, je pourrais lui écrire un livre, un livre de tout ce qui s'est passé avec l'homme qu'elle croit être le prince charmant...
Je m'imagine buvant un thé avec elle et lui expliquer tout ce qu'il m'a fait vivre, tout ce par quoi ma fille et moi, nous sommes passées à cause de cet homme.
Cet homme qui était un proche, est en train de reprendre une place d'étranger à ma vie.
"Nous avons des projets..." En gros, "ne viens pas contrecarrer mes plans", c'est fou comme il a la capacité à acquérir la vie des gens, leurs rêves, leurs caractères, il devient merveilleux, quand la femme est merveilleuse. Il devient carriériste, quand la femme est carriériste... Il a des projets...
J'étais "une sale zoreil" et sa nouvelle compagne est une zoreille ...
J'avais des projets, projets étaient" nulles"...
J'étais "nulle", une "bonne à rien"... c'est dur comme terme "bonne à rien", "bonne à jeter" ...
"Ton travail, c'est de la merde", moi j'ai tout donné pour son travail, j'ai été l'assistante, la secrétaire, j'ai tout essayé pour satisfaire cet homme pour qu'enfin je sois regardée ... remerciée ? Non il a tout pris et ensuite il m'a tout balancé à la figure... Tout le beau, tout le bon, tout était à jeter.
Je pourrais vraiment écrire un livre...
Une dernière anecdote avant de retourner dans le présent et reprendre mes activités:
C'est un matin, je suis fatiguée, j'ai la grippe depuis une semaine, je décide de me rendre enfin chez le médecin d'autant plus que ma fille commence à avoir les mêmes symptômes que moi. Le médecin nous met en arrêt toutes les deux. Je sors du cabinet et j'ai besoin de respirer, j'ai besoin de souffler. Prise d'une impulsion, j'appelle le père de ma fille, je lui demande si je peux passer boire un café. C'est la deuxième fois que j'irais dans sa nouvelle maison. Je ne réfléchis pas, j'ai besoin d'un soutien, ne serait-ce que de quelques heures. Il accepte mais me préviens que "sa vie a changé", je lui réponds "pas de problème", "il a du rencontrer quelqu'un", me dis-je ... Mais ce n'est pas grave, moi je veux juste un café.
Nous arrivons sur place, il n'est pas chez lui, c'est une voisine qui nous accueille et nous convie à nous assoir dans la véranda. "Ok".
J'entends sa voiture une quinzaine de minutes plus tard. Il arrive, grand sourire, prend notre fille dans ses bras....


